Cette rubrique Paroles d'Alumni vous est consacrée, elle nous permettra de savoir ce que vous êtes devenu.e.s.

Quels sont les faits saillants de vos carrières et vos dernières actualités que ce soit professionnellement, culturellement, sportivement...

Vous voulez nous signaler votre parcours original ?
Contactez-nous : alumni.iae@uca.fr



 
Ludovic LEMOINE : Le chercheur d'Or
Promotion 2009
Quand le destin fait de toi un champion

Né à Vannes (Morbihan), très tôt le destin va forger le futur champion qu’il est devenu. Amputé à 5 ans de la jambe droite suite à la détection d’une tumeur cancéreuse au tibia, ce fils de sportifs va trouver dans cette épreuve une énergie peu commune. Après des débuts d’escrimeur handisport à 8 ans, le fleuret et le sabre deviendront rapidement ses armes de prédilection. Pratiquant assidu, ses maîtres d’armes successifs décèlent en lui une volonté hors du commun et, les uns après les autres, façonnent ce champion en devenir. Rapidement les premiers trophées arrivent chez les jeunes, mais Ludovic a envie de plus.


Une belle longévité internationale

International en 2003, sa quête de médailles commence cette même année avec le bronze en championnat d’Europe de fleuret. Son coffre à médailles commence vraiment à se remplir à partir de 2006 avec son arrivée à Clermont-Ferrand à la Rapière de Chamalières qu’il quittera en 2018 pour rejoindre le Stade Clermontois. Ce sont au total pas moins de 74 médailles nationales et internationales gagnées par Ludovic au cours de 3 olympiades (2012, 2016, 2024 – 3 médailles), 8 championnats du monde (10 médailles), 10 championnats d’Europe (17 médailles) et 18 championnats de France (24 médailles) et 20 médailles en coupe du monde. Ludovic a été élu capitaine de l’équipe de France pour accompagner les escrimeurs sur la paralympiade 2013-2016. En 2012, il devient Chevalier de l'Ordre National du Mérite lors de la promotion spéciale des jeux Olympique et Paralympiques de Londres.

Anima sana in corpore sano et une riche vie professionnelle

Non seulement doué pour le sport, il a aussi une tête bien pleine. Titulaire d’un DUT GEA (RH) puis d’une licence en économie, il obtient avec brio un master en Management des PME-PMI tout en se consacrant à sa carrière sportive. Dès son diplôme en poche, il travaille chez Pôle Emploi jusqu’en 2015 comme conseiller en indemnisation. Il rejoint ensuite le groupe LCL qui lui permet de continuer sa carrière de sportif de haut niveau, de mettre ses compétences et son expérience au service de l'objectif collectif et de devenir conseiller bancaire. Lui qui se qualifie de « différent, comme tout le monde » montre un bel exemple de combativité et d’harmonie entre vie professionnelle, carrière sportive et vie personnelle. Après une carrière sportive bien remplie, il travaille sur sa reconversion et aimerait mettre en œuvre des projets en lien avec le secteur sportif. L’année 2025 s’annonce pleine de surprises !

Ludovic côté face

Mais il n’y a pas que le sport dans la vie et Ludovic avoue d’autres passions au titre desquelles les voyages, que sa carrière internationale lui a permis de réaliser, sans pour autant délaisser la lecture et la recherche d’ambiances. Il est aussi fier de sa collection de BD. Homme aux valeurs fortes, il met en avant le respect et le sens du contact qui lui permettent de facilement travailler en équipe. On ne peut éviter d’évoquer les souvenirs lorsqu’on est Alumni. Lors de ses études il se dit avoir été un étudiant sérieux et débordé ! Entre la vie d’étudiant (cours, projets de groupe, partiels à préparer), et celle d’athlète (entraînements, compétitions, stages avec l’équipe de France), il n’était pas facile de tout concilier et les semaines étaient intenses ! Cependant il garde en mémoire comme meilleur souvenir les séminaires d’intégration de l’époque, qui furent autant de week-ends mémorables !

Il souhaite prodiguer 3 conseils aux étudiants en formation :

1. Vivre ses rêves : « Certaines personnes m’ont dit que ma force c’était que je vivais mes rêves au lieu de rêver ma vie… Oui cela demande du travail, des efforts, du temps, de l’énergie… mais vivre ou approcher de vos rêves sera la plus grande satisfaction que vous pourrez trouver dans votre vie ».

2. Régler son équilibre : « Si j’ai tenu une si longue carrière sportive, c’est parce que j’ai toujours eu en tête le triple équilibre entre vie professionnelle, vie sportive et vie privée… Bien sûr il faut être capable de bouger le curseur de temps en temps, faire des compromis, des concessions, mettre l’accent sur un des domaines en particulier durant un certain temps… Mais chacun de ces piliers ne peut être délaissé trop longtemps ».

3. S’assumer : « Mon leitmotiv au quotidien est que le handicap n’est ni tabou, ni un drame, ni un frein à mes projets. Quand les personnes me voient, bien sûr mon handicap apparaît immédiatement, mais j’essaye de faire en sorte qu’elles soient surtout impactées par le dynamisme avec lequel je l’assume ».

Antoine BESSE : la renaissance d'un combattant
Promotion 2013

Certains destins sont linéaires, d’autres se construisent dans la fracture, la douleur, et la reconstruction. L’histoire d’Antoine Besse appartient à cette seconde catégorie. Celle des hommes qui chutent, qui disparaissent presque, et qui choisissent pourtant de revenir, plus forts, différents… indestructibles. Antoine est d’abord un étudiant, sportif, rugbyman, un jeune homme porté par les valeurs de l’effort et du collectif. Il sort diplômé d’un master en ingénierie logistique en 2013, une formation exigeante qui structure son esprit et nourrit son goût de l’organisation et de la performance. Il trouve rapidement sa place dans le monde professionnel, notamment chez Capgemini, une entreprise dont la culture et les valeurs, proches de celles du rugby, résonnent profondément avec son identité.

Un matin, tout bascule.
Malheureusement, le destin ne suit jamais les plans. Percuté de plein fouet par une voiture lors d’une sortie en vélo il ne doit la vie qu’à son casque. Le choc, d’une violence extrême lui a brisé le corps : traumatisme crânien sévère, 150 points de suture, coude fracturé, bras paralysé. Antoine doit alors affronter l’impensable : la perte de ses anciens repères, de son autonomie, de son identité sportive. Son bras gauche ne répond plus, son biceps ne fonctionne plus. Le verdict médical est brutal : le sport, tel qu’il l’a connu, appartient au passé. Il reprend le travail, retrouve une routine. Capgemini l’accompagne. Ce soutien ne sera pas anodin. Il lui rappelle tous les jours qu’il existe encore une place pour lui dans le monde où son histoire a un sens pour les salariés de l’entreprise. Il partage son histoire, intervient en conférences, inspire d’autres à croire en leur propre capacité de reconstruction. Il comprend que sa valeur ne réside pas uniquement dans la performance, mais dans ce qu’il peut transmettre. Dans la preuve vivante que l’on peut survivre à l’effondrement et reconstruire plus grand encore.
La chrysalide laisse place au papillon.
Tel le Phénix, Antoine renaît. C’est un guerrier. Exit le rugby, il découvre le para-triathlon, sport qui va l’aider à se reconstruire à la fois physiquement, mais aussi psychologiquement. Il découvre un univers où les limites physiques ne sont pas des barrières, mais des points de départ. Il rencontre des athlètes amputés, paraplégiques, blessés, tout comme lui. Des sportifs qui n’ont pas renoncé. Alors, il se jette corps et âme dans l’entrainement cherchant à toujours se dépasser. Ce qui commence comme une rééducation devient une vocation. L’entraînement s’intensifie jusqu’à 25 heures par semaine. La fatigue devient une compagne quotidienne. La discipline est, elle aussi, une nécessité. Il apprend à transformer la douleur en moteur, à faire de ses faiblesses une force. Peu à peu, les résultats arrivent. Il s’impose comme une des valeurs sûres du para-triathlon, même si l’échec aux qualifications Olympiques des JO de Paris 2024 reste une pilule difficile à avaler. Quatre titres de champion de France, onze podiums internationaux dans un premier temps, et en 2023 à Besançon, la consécration : une victoire en Coupe du monde. Une victoire qui dépasse le simple résultat sportif. Une victoire contre le destin lui-même. Aujourd’hui, Antoine s’entraîne avec des athlètes valides, sans chercher d’excuses, sans se définir par son handicap. Il refuse les étiquettes et les limites imposées. Il avance, simplement, porté par une certitude : l’identité ne se perd jamais vraiment. Elle se transforme. Son challenge pour 2026 ? monter d’un cran sur les distances et difficultés en disputant des Ironman, histoire d’aller au bout de son talent. Car comme il aime à le dire « le véritable adversaire n’est pas l’autre. C’est soi-même : le doute, la peur, le renoncement. » Il a appris à gérer l’ego, à cultiver l’humilité, à accepter les échecs comme de nouvelles étapes à franchir.
Finalement, l’histoire d’Antoine Besse n’est pas celle d’un accident, c’est celle d’un choix, le choix de se relever, le choix de croire encore, le choix de devenir, contre toute attente, la meilleure version de soi-même.
"Si j’avais trois conseils à donner…" :
Parmi ses expériences de vies active et professionnelle, Antoine retient trois principes qui ont été ses moteurs :

1. "Toujours considérer les gens passionnés, quelle que soit cette passion, car elle est le carburant de la vie et permet de gravir les montagnes."

2. "S'enregistrer pour progresser dans ses discours, car ses multiples expériences de conférencier l’ont poussé à aller vers toujours plus de professionnalisme."

3. "Jamais penser qu'une soirée professionnelle n'a pas de valeur ajoutée, car on peut y rencontrer des gens importants pour la suite de sa vie : mécènes, employeurs, personnes clé pour débloquer des situations, personnes qui vont aussi s’inspirer de votre parcours."